le mardi 15/11/05, 13h30
Chéri chéri.
Il y a des trucs qui me restent sur l'estomac et me minent le moral. Je préfère te les écrire, que les choses soient plus claires et que l'on puisse progresser. J'écris vite, je poste vite, je ne réfléchis pas trop.
Le but n'est pas de te faire mal, mais de tenter de t'expliquer.
Nous n'avons jamais fait le point de notre relation, et je pense que c'est une erreur. Les choses avancent sans qu'on y pense et surtout sans qu'on en parle: achat maison, déménagement, ta démission….
Manifestement, nous n'avons pas la même lecture des évènements, puisque tu m'as dit dimanche que c'est moi qui voulait que tu vives avec moi. Je ne t'ai rien demandé, tu ne m'as jamais rien demandé, et effectivement, nous n'avons jamais décidé ensemble de vivre ensemble.
Les évènements de ce week-end m'ont fortement troublée, car j'ai pris conscience que tu allais vivre avec moi, et que je ne sais pas avec qui je vais vivre, et ce que nous pouvons construire.
C'est vrai que je suis chouineuse, que j'ai besoin d'exprimer mes émotions et mes douleurs, et que cela passe parfois par les larmes. Oui, j'avais besoin que tu me soutienne, que tu m'encourage, oui cela signifie presque toujours que j'ai besoin que tu me prennes dans tes bras. Quand l'as tu fait ? tout ce qui comptait, c'était de ne pas être en retard chez tes amis …
Je sais que tu n'as pas l'habitude d'exprimer tes sentiments, mais tu me fais énormément de bien quand tu le fais.
Quand j'ai fait ta connaissance, je t'ai dit de suite que certaines choses me déplaisaient en toi: Tu as un côté grossier qui me choque (vocabulaire, attitude à table, côté agressif), tu traites mal ton chien, tes parents et surtout ta fille que tu diminues sans cesse (comment veux tu qu'elle prenne confiance en elle si elle entend à longueur de journée qu'elle est cruche, ou blonde ?). Tu aboie quand tu lui parles (tu parles en termes de menaces ou d'ordres), et tu la traite parfois en petite servante plus qu'en fille. Elle a besoin que tu lui dises que tu l'aimes et de sentir que tu peux lui faire confiance.
Tu ne m'as jamais dit ce que tu attends de moi et ce que je suis "autorisée" à faire vis à vis de <ta fille>. Je n'ai pas envie de seulement jouer les mères de substitution ou à assumer les conduites et les devoirs sans pouvoir faire en sorte que sa situation s'améliore vraiment, ce qui passe par un changement de ta façon de la traiter. Je suis prête à m'y mettre si tu le veux.
Que tu sois raciste me navre, mais que tu dises que tu ne changeras jamais m'horrifie, car c'est une preuve de bêtise, et je ne pensais pas que tu étais bête. Ne dit-on pas qu'il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis ? Je ne te demande pas de changer sur ce point aujourd'hui, mais je pense qu'il faut savoir se remettre en question.
D'un autre côté, si tu ne veux pas changer, et si tu as décidé de ne pas changer en rien, tu resteras agressif et grossier, et je ne le supporterai pas. Tu m'as dit que tu as fait des efforts, je veux bien le croire, mais ta façon de te tenir à table dimanche ne m'en a pas donné de preuve. C'est en cela que j'ai dit que le naturel revenait au galop. Tu as mangé comme un cochon, et sans doute plus qu'un cochon. Ca te fait rire de constater que tu as repris du poids.
C'est facile de se laisser aller, c'est plus dur de se surveiller et de progresser, mais cela me ferait tellement plaisir ! Que tu aies envie que je t'aide pour la compta de TMS, pourquoi pas. Que tu me fasse repartir avec deux exemplaires de statuts alors que tu aurais pu les renvoyer me fait me poser des questions.
Tu as plein de bons côtés: Tu es travailleur, courageux, tu me fais rire, tu aimes la convivialité et le partage, et encore plein d'autres choses.
J'ai mauvais caractère, je m'emporte vite, je râle tout le temps. Je n'ai pas besoin d'un homme à côté de moi pour le sexe, ni pour les travaux de la maison, ni pour combler ma solitude. Je n'ai pas besoin de gagner plein d'argent pour être heureuse. Pour moi, la vie n'est pas qu'une succession de jours, c'est aussi un but à atteindre.
J'aimerais partager ma vie avec quelqu'un dont je suis fière, qui croie un minimum en les mêmes choses que moi, qui ne pense pas qu'à sa pomme et à profiter de la facilité.
En te voyant affalé et somnolant ce week-end sur le canapé alors qu'il y avait plein de choses à faire (le ménage non terminé, la vaisselle, le rangement de toute la maison, l'informatique, promener le chien, jouer avec ta fille…), je me demandais si tu étais celui-là… Je pense que j'ai du mal à supporter de voir ton ventre tout nu sur un canapé, surtout le mien !!
Au bout de 10 mois, je suis toujours bien avec toi, mais j'ai peut-être besoin qu'on fasse le point et qu'on s'engage un peu. J'en ai sans doute oublié, j'ai oublié de mettre ma jambe sur une chaise, ça lance.
Je te bizoute comme je t'aime


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